Loin des régions où se déroulent les principaux
épisodes de la guerre de Cent Ans, Nathalie
Nicolas, docteur en archéologie médiévale, a
étudié les conséquences des principaux combats
en Dauphiné. Dans cette province relativement
épargnée, le passage récurrent des bandes de
routiers - d'abord les Provençaux en 1368, puis les
hommes de Raymond de Turenne et du comte Jean
d'Armagnac - perturbe le quotidien des habitants.
S'ajoutent à ces incursions, des guerres privées qui
accentuent le sentiment d'insécurité et fragilisent
l'économie comme la société. Entre Provence et
Piémont, toutes les autorités - principalement
le dauphin, l'évêque de Gap et l'archevêque
d'Embrun - organisent alors, avec plus ou moins
de rapidité et de rigueur, la défense des villes. Les
fortifications, leurs commanditaires et leurs
constructeurs, forment le sujet de cet ouvrage. En
plus de l'inventaire des coûts des aménagements
défensifs et des installations domestiques des
châteaux, la variété des textes - comptes de
construction, rapports des maîtres d'oeuvre,
inventaires d'armes et de mobilier... rend compte
des techniques de constructions utilisées. Les
sources écrites mettent également en évidence ce
que fut le quotidien des chantiers (matériaux,
main-d'oeuvre, modes de construction...) dans
les châteaux et les villes de montagne à la fin
du Moyen Âge.