A la jonction de l'histoire des femmes et de l'histoire de la littérature, cet ouvrage de l'Equipe de Recherche Créativité et Imaginaire des Femmes (ERCIF) envisage les multiples aspects que revêtent les motifs croisés de la vie et de l'écriture au féminin. Par-delà les différences de culture, d'époque et de mode d'expression - linguistique, plastique, photographique, ou chorégraphique - les «textes» autobiographiques féminins sont souvent des textes paradoxaux. Si, pour les femmes, l'écriture de soi inaugure souvent une entrée en littérature, celle-ci ne s'accompagne pas nécessairement d'une reconnaissance littéraire. A la fois fiction et vérité, création et témoignage, l'autobiographie remet en question la définition même de la littérature. Parallèlement, les femmes, lorsqu'elles sont interdites de parole publique, se tournent vers des formes d'écriture originellement privées, qui les maintiennent en marge de la littérature, comme le journal intime ou la correspondance. Il s'agit de se mettre en scène tout en jouant l'effacement, de revendiquer la maîtrise de son existence malgré la résistance des faits et des effets du genre (gender), voire d'écrire sa vie en écrivant sa mort. Si l'accent a été mis volontairement sur la multiplicité des pratiques, la diversité invite aussi à s'interroger sur l'existence pour les femmes d'une «norme autobiographique» commune et à prendre en compte leur contribution récente à la réflexion sur l'autobiographie comme genre.