Le XVIIe siècle est souvent présenté comme le siècle de la raison,
mais cette évidence ne doit pas faire oublier qu'il fut d'abord
une époque de crise et de rupture par rapport aux Anciens et
à l'École. Confronté à l'incapacité des philosophies antérieures
de parvenir à une certitude incontestée, l'esprit en vient à
douter de lui-même, à s'interroger sur sa faculté de savoir et
sur ses conditions d'exercice. Est-il possible de fonder un
jugement théorique et moral sûr et de surmonter le scepticisme ?
L'entendement est-il disposé naturellement au vrai ou a-t-il besoin
d'une réforme radicale ? L'imagination est-elle vouée à l'erreur
ou peut-elle jouer un rôle fécond dans l'élaboration du savoir ?
Autant de questions qui travaillent en profondeur les différents
systèmes philosophiques et les invitent à résoudre la crise du
savoir par la mise en place de méthodes nouvelles, par l'invention
d'une logique, et la redéfinition des fonctions de la raison et de
l'imagination.
Issu d'une coopération franco-hongroise, cet ouvrage consacré
aux facultés de l'âme vise moins à examiner les progrès
du rationalisme à l'âge classique que les difficultés et les
interrogations qui ont présidé à sa constitution.