De la Nature à l’Histoire, 1685-1794, 732 pp. --- Présentation en 4ème de couverture : « Issue, à la Renaissance, de la philosophie grecque et de la pensée calviniste, l'idée de Nature, après un long cheminement, triomphe au XVIIIe siècle et fait de cette période le siècle des Lumières : la Nature réhabilite l'homme et le monde, discrédite le fanatisme et l'oppression. Elle s'avère un principe puissant de libération et de progrès. C'est elle qui donne aux grandes œuvres littéraires de cette époque leur force et leur cohérence. Mais, dans le même temps, se produit en France un glissement des notions philosophiques qui porte en germe certains extrémismes du monde moderne : parce qu'ils donnent la priorité à la lutte antireligieuse, les philosophes des Lumières, malgré la résistance de Rousseau, se rallient pour la plupart au matérialisme. En réduisant la Nature à la matière, ils la dépouillent de son éternité et de sa dimension spirituelle. Cette rupture d'avec l'éternel soumet l'homme et le monde à la seule loi du temps. Ainsi commence le règne de l'Histoire. Parallèlement, la négation de la transcendance qu'implique le matérialisme ébranle le statut de l'homme : pour l'idéologie, qui se constitue à cette époque, et pour l'utopie, qui réduit rapidement l'espace la séparant de la prise du pouvoir, il devient un simple objet promis aux expérimentations de la politique. Le XVIIIe siècle est donc double : son visage de lumière dissimule une face d'ombre. Ce double aspect - libérateur et réducteur - se lit dans les ambiguïtés et les contradictions de la Révolution française. BORDAS »