Redisons-le, cette revue se propose de critiquer, d'analyser et d'interpréter l'air du temps en deçà des clivages partisans. Elle est néanmoins l'oeuvre d'une jeunesse qui se reconnaît - originairement au moins - dans la gauche française. Seulement voilà, alors qu'elle s'engageait dans les affaires de la cité, cette génération, née dans les années Mitterrand, a vu se succéder les fiascos électoraux de Lionel Jospin et Ségolène Royal. Certains intellectuels de gauche sont passés à l'UMP, quelques-uns ont voté Bayrou, la plupart par dépit. Nos invités - Claude Lanzmann, Benjamin Korn, Yves-Charles Zarka - nous disent la difficulté qu'ils ont à être encore « de gauche », bref, comme le dit Bedos « ça devient difficile d'être de gauche surtout quand on n'est pas de droite ».
Au coeur de la Ségosphère, un seul mot d'ordre : qui perd gagne ! Faut-il en rire ? en pleurer ? On hésite. Cependant, plutôt que de vouer les uns ou les autres aux gémonies, ou de se résigner à la névrose d'échec de la gauche dite de gouvernement, ce numéro entend mener le combat sur le terrain des idées. Attentifs aux choix idéologiques et programmatiques du Parti socialiste, les contributeurs du Diable analysent sa situation actuelle et ses perspectives d'avenir. Car n'en déplaise à Lénine, la révolution est bel et bien en vacances, mais pour la pensée, point de répit, tiens-le toi pour dit ! camarade lecteur.