L'expression «consensus de Washington» a été inventée par John Williamson en 1990. A l'époque, il a proposé des orientations pour réformer la politique économique, sur lesquelles, selon lui, il existait un vaste consensus dans les grandes institutions internationales de Washington. C'étaient : la discipline fiscale, l'utilisation des dépenses publiques pour favoriser une croissance élevée et une répartition nouvelle des revenus, la privatisation des entreprises publiques, la libéralisation des taux d'intérêt, taux de change, échanges commerciaux et investissements étrangers directs, la levée des obstacles à la libre concurrence, la réforme fiscale, et des droits de propriété garantis.
Pour certains, ces critères sont fondamentalement erronés. Pour d'autres, il faut les équilibrer par des considérations telles que le souci d'un développement durable et la sensibilité à l'environnement, le renforcement des procédures démocratiques, la mise en place d'institutions solides et la réduction des inégalités les plus criantes. Pour d'autres encore, il s'agit non pas seulement de définir des critères et des politiques mais de trouver le moyen de les traduire dans la pratique. Telles sont les questions abordées dans le présent numéro de la Revue internationale des sciences sociales. Les articles sont des versions révisées de documents présentés à une conférence internationale organisée par l'Ecole des hautes études en sciences sociales, en coopération avec le programme MOST de l'UNESCO, les 16 et 17 juin 1999, au siège de l'UNESCO à Paris.