L'Histoire, dans cette région du monde, est indissociable de la religion.
Toutefois, manipuler les deux dans cette région à des fins politiques
ou idéologiques, c'est jouer avec le feu. Cette manipulation aboutira
inévitablement à théologiser le conflit, ce qui incitera les gens, de part
et d'autre, à la guerre sainte. Le plus grand tort que l'on puisse causer au
monothéisme, à la foi abrahamique, aux trois religions révélées, judaïsme,
christianisme et islam, c'est de traduire et de réduire la Bible et le Coran à des
programmes politiques.
Le commandement «Aimer son prochain comme soi-même» est
fondamental dans la Bible. «Il n'y a qu'une seule loi et une seule juridiction
pour toi et pour l'étranger qui habite avec toi» (Nombre XV, 16). Le Coran
dit : «Dieu a institué pour tous une religion (...) c'est celle que nous te
révélons, que nous avons recommandée à Abraham, à Moïse, à Jésus (...) ;
n'en faites pas un objet de division» (Coran, XLII, 13).
Force demeure au recours à la légalité internationale dont les nobles principes
ont fini, avec le temps, par s'imposer. Ce sont ces principes, qui puisent avant
tout leur source dans la justice et la fraternité, qui doivent inspirer toute
politique de règlement que l'on cherche à appliquer dans cette région du
monde. Il n'y a pas de bon pour les uns et de mauvais pour les autres, sinon
ce serait perpétuer une situation dangereuse pour la stabilité, la paix et la
sécurité aux Proche- et Moyen-Orient, et dont les prolongements pourraient
affecter d'autres régions, sous de nouvelles formes.
Enfin, pour que les enfants de la foi abrahamique puissent vivre en paix sur
cette terre sainte où leurs ancêtres communs ont vu le jour, l'égalité des peuples
de cette région commande la création d'un Etat palestinien indépendant
qui, avec Israël et les autres Etats de la région, peuvent se constituer en une
communauté d'Etats indépendants, ou au sein d'une institution, à l'instar de
l'Europe, ou un autre groupement économique.