Existe-t-il une société civile au Maroc ? Une transition politique est-elle
vraiment en train de se produire au royaume alaouite ? Certains analystes indiquent
justement que si quelque chose bouge aujourd'hui au Maroc, il s'agit bien de la
société civile.
L'objectif principal de cet ouvrage, dans la ligne suivie par l'Institut européen
de la Méditerranée (IEMed), est de contribuer à ce débat en apportant de nouvelles
connaissances sur les processus de changement, en particulier sur l'émergence de
nouveaux acteurs dans la réalité sociale marocaine. Cette étude a pu être réalisée grâce
à la collaboration de spécialistes marocains prestigieux issus du milieu universitaire
comme Myriam Catusse, Mohamed Mouaquit, Omar Ouakrim, Mohamed S. Janjar o
Mohamed Tozy et enrichie par les témoignages d'importants dirigeants du monde
associatif marocain. Droits humains, promotion du statut de la femme, culture berbère,
monde des affaires et développement local, mais aussi associations de bienfaisance, tels
sont les axes principaux du travail présenté dans cet ouvrage.
Cette étude s'est appuyée sur une approche directe à l'aide de recherches sur
le terrain au sud du Maroc : Agadir, Taroudant, Tiznit, Trafraout. C'est par l'observation
de la région du Souss, comme nous le démontre l'anthropologue Maria-Àngels
Roque, que nous pouvons pénétrer dans une réalité complexe oscillant entre tradition
et modernité, une réalité où l'identité et les réseaux associatifs servent de base à la
coopération et à l'union des divers acteurs nationaux et internationaux.
L'utilité de cet ouvrage s'inscrit dans le cadre d'un intérêt croissant vis-à-vis
de nos voisins du sud, d'un désir de mieux les connaître, à un moment où, d'ailleurs,
les échanges économiques et sociaux s'intensifient, les accords européens se
multiplient et les flux migratoires augmentent. Il faut souligner l'importance de la
coopération décentralisée, et en particulier son impact croissant sur le développement
local, grâce à l'intervention de multiples acteurs - gouvernements régionaux et autonomes,
municipalités, associations, universités, entrepreneurs, plateformes citoyennes
- qui renforce son dynamisme et sa capacité de faire partager des projets aux deux rives
de la Méditerranée.