La lutte contre le chômage et la sécurisation des trajectoires
professionnelles individuelles sont des objectifs centraux de l'État
providence. Depuis plus de deux décennies, la constitution d'un
chômage massif met en jeu sa mission de maintien de la cohésion
sociale et de prévention des risques sociaux. Pourtant, si la crise de
l'emploi est susceptible d'affecter tout l'espace national, ce n'est pas
de manière uniforme. Fort de ce constat, les gouvernements
successifs ont cherché à prendre en compte les spécificités
géographiques et sociologiques des territoires composant cet espace
afin de mieux ajuster la politique de l'emploi aux réalités des
marchés locaux du travail. Tout en maintenant le cap d'une stratégie
nationale, l'administration du travail a dû s'appuyer sur une
responsabilisation croissante de ses agents locaux pour mieux
l'adapter. Cette évolution lente mais qui apparaît néanmoins comme
un «sens de l'histoire» pour nombre de ses protagonistes est au
coeur de cet ouvrage.
Comment s'est développée sur deux décennies cette prise en
compte croissante des territoires dans la politique de l'emploi ?
Sur quelles évolutions de l'action publique s'est-elle appuyée ?
Comment cette territorialisation d'une politique nationale est-elle
appropriée par les acteurs locaux ? Peut-il exister un intérêt général
localisé en matière d'emploi ? C'est à cet ensemble de questions,
notamment, que l'équipe réunie ici répond en étudiant
successivement les différentes facettes de la territorialisation des
politiques de l'emploi en France.