Gustave Roud (1897-1976) est une des grandes voix de la poésie
romande, l'équivalent de ce que Charles-Perdinand Ramuz a été
pour le roman. À ses textes en prose, d'Adieu à Requiem, de
L'Essai pour un paradis à Air de la solitude ou Campagne
perdue, s'ajoute une oeuvre de traducteur remarquable par sa
qualité (Hölderlin, Novalis, Rilke, Trakl). Roud a influencé bien
des poètes romands : Anne Perrier, Maurice Chappaz, Jacques
Chessex, Philippe Jaccottet et Pierre-Alain Tâche qui donne,
dans cet ouvrage, un témoignage inédit : «Visites d'un jeune
poète à Gustave Roud», complété par des extraits du Journal
inédit de Roud.
Le mérite de Gustave Roud tient à une transposition poétique
perpendiculaire au moment vécu. Elle se fait par le recours à une
langue mélodieuse, charnelle, tendue vers un équilibre phonétique
aux contours arrondis, mais traversée de tensions extrêmes, de
brisures, de constantes mises en question.
Au travers des approches variées, signées des meilleurs spécialistes
de Roud et de plusieurs jeunes chercheurs - français et
suisses -, le présent volume montre en quoi ce poète, enraciné
dans sa campagne vaudoise (que le promeneur impénitent ne
cesse d'évoquer avec finesse et tendresse), dépasse le chant de
sa terre et de son pays, pour rejoindre les grandes voix poétiques
de tous temps.