Depuis 1826 et durant tout le XIXe siècle,
la Société Industrielle de Mulhouse
(SIM) va être le creuset d'idées et
d'initiatives où s'est élaboré le «modèle
mulhousien», cette convergence unique
entre l'industrie, l'enseignement technologique
et la recherche appliquée. L'industrie
mulhousienne tout entière a retiré des bénéfices
considérables des travaux des divers
comités de la SIM : comités de chimie, de
mécanique, du commerce...
Dès le départ, la SIM trace une voie
complexe qui montre qu'elle comprend
l'enjeu de l'ère industrielle : produire de façon
à conserver des positions d'avant-garde
tant au point de vue technique, commercial
et ouvrier. Le «modèle mulhousien» de
développement s'appuie sur cette éthique
nourrie par le milieu protestant et libéral de
la ville.
Au cours de la deuxième moitié du
XXe siècle, la création accélérée de filières de
formation technologiques, au sein d'une
université d'État (Université de Haute-Alsace)
dont les fondements étaient lancées
en 1958, nous conduit à proposer le terme
de «modèle universitaire mulhousien»
en lieu et place de «modèle mulhousien».
Cette terminologie nous paraît d'autant
plus appropriée que la création d'un Centre
de Formation par Apprentissage Universitaire
a été lancée à Mulhouse, pour la première
fois en France en 1990, et repris depuis lors
par une série d'universités, y compris en région
parisienne. Par ailleurs, les deux tiers
des filières de formation de l'Université de
Haute-Alsace sont à finalité professionnelle,
ce qui - hors grandes écoles - est rarement
le cas dans les universités françaises.