Toute utopie est totalitaire: le rêve d'une société parfaite suppose la soumission de la nature, l'encadrement minutieux du réel et justifie, parallèlement, les moyens de sa réalisation: "On a le droit d'être inflexible lorsqu'on veut le bien", proclame Saint-Just au début de la Grande Terreur.
Pour dénoncer ces virtualités totalitaires, des analystes perspicaces ont entrepris d'écrire, dès le XIXe siècle, des "contre-utopies" qui, par le biais de la caricature, démasquent la supercherie tragique, le double jeu mortel de l'utopie.
Notre avenir est plus que jamais dominé par l'utopie, il est plus nécessaire que jamais d'arracher les masques par la contre-utopie
«Trente ans après Maastricht, vingt ans après le 11 septembre, sept ans après les "Événements" de mars 2015, l'Europe unie est-elle vraiment si différente de celle du début du siècle? Au fond, elle n'en est que l'amplification, le prolongement, le merveilleux accomplissement, et pour l'essentiel, ces progrès qui font de notre temps le commencement de l'Âge d'Or, la fin de la préhistoire de l'humanité, ces progrès étaient en germe dans les sociétés libérales avancées de cette époque-là. Comme je l'ai souvent répété devant vous, c'est comme ça que tout a commencé. Voilà pourquoi il nous faut poursuivre le processus d'éradication définitive du monde ancien sous toutes ses formes, suivant la voie ouverte par ces prédécesseurs, à la fois si lointains déjà, et encore si proches»
(Extrait du discours inaugural du deuxième conseiller, Arthur Ganate, à la 16e session du Comité des Minorités, 5 janvier 2022)