La lecture et le lectorat ont fait,
depuis une vingtaine d'années,
l'objet de nombreuses études, qui
ont mis en évidence des disparités importantes entre un lectorat masculin et féminin.
La lecture est un lieu socialement construit de la différence des sexes. Se manifeste,
dès le XIVe siècle, un processus de sécularisation dans les pratiques de lecture à
mettre en relation avec un phénomène de désacralisation du livre. La lecture au féminin
est l'enjeu de débats moraux où s'y affirme sa dangerosité.
Dans le même temps apparaissent des prises de position en faveur du contrôle des
lectures féminines qui s'inscrivent dans une conception du partage des pouvoirs de
l'écrit en corrélation avec un partage hiérarchique des savoirs. Parce qu'elle est transgression,
séduction, perversion, la lecture et la lectrice se déploient en un imaginaire
dont la littérature s'est emparée pour en proposer des représentations multiples et
protéiformes.
Territoires de l'historien et espaces littéraires ont été dans cet ouvrage confrontés
en une approche transséculaire, transdisciplinaire, à partir de l'étude de documents
multiples, bibliothèques, correspondances, manuels, iconographie, et de textes littéraires.
Il constitue une contribution importante à la construction d'une histoire sociale et
culturelle de la lecture féminine. Il propose un bilan des savoirs de ces dernières
décennies et de nouveaux jalons pour les études à venir.