Les déchets témoignent de toutes les formes de l'activité humaine et peuvent
se répartir selon leur provenance industrielle, agricole, commerciale et municipale.
Pour toutes les catégories, diverses filières de traitement et d'élimination ont été
mises en place, en France ou en Europe. Mais depuis plus d'un quart de siècle l'attention
se porte sur les déchets les plus banals, ceux des ménages, ceux du
quotidien. Depuis 1975, l'arsenal législatif et réglementaire en France s'attache à
limiter leur stockage en décharge et tente d'imposer d'autres solutions.
La production, la collecte, le transport, le traitement des déchets des ménages
ont des dimensions géographiques évidentes qui pèsent dans les tentatives de
rationalisation ou de modernisation de leur gestion. Tous les systèmes établis
s'inscrivent dans différentes échelles, celles des compétences des organismes
publics ou des collectivités territoriales. C'est également dans ces cadres que se
diffusent les collectes séparatives mobilisant les populations.
Les comportements des populations dans la séparation des déchets ou la
fréquentation des déchetteries présentent de fortes variations dans l'espace, selon
les équipements, les types de logement ou les formations sociales.
Le présent ouvrage retrace l'évolution, en France, des structures et des comportements
en matière de gestion des déchets, du tout à la décharge ou à l'incinérateur
aux collectes sélectives actuelles. Ces transformations posent des
questions de géographie, ou de répartition, de géographie sociale, ou de pratiques
et attitudes.