Pour comprendre la place que la peinture occupe dans le
champ de l'art contemporain, il faut remonter à la seconde
moitié du XIXe siècle, époque marquée par des très vifs débats
ayant trait au déclin inévitable de la peinture face à la photographie
naissante. Mise à l'épreuve, la peinture s'est vue
détrônée et la thèse de la mort de la peinture n'a cessé d'être
avancée pendant tout le XXe siècle. Pourtant, dans les faits,
et malgré cette mort programmée, la pratique de la peinture
ne s'est à aucun moment interrompue, que ce soit en Europe
ou aux États-Unis. La question n'est donc pas celle de la création,
mais celle de sa réception critique et institutionnelle.
Au lieu de parler d'un «retour» de la peinture, sans doute
devrait-on plutôt parler d'un nouveau regard porté sur elle
par les institutions, les marchands et les critiques. Objet de
recherches plastiques toujours renouvelées, la peinture
actuelle est profondément «multiple». Politique, morale ou
philosophique, elle prend aujourd'hui des formes extrêmement
diverses et pose de nombreuses questions que ce soit
du point de vue esthétique ou plastique (abstraction, figuration)
ou du point de vue culturel, sociologique et institutionnel.
Sujet complexe, prolixe : il était donc attendu qu'une journée
d'étude (organisée le 1er mars 2008 aux Facultés universitaires
de Namur), dont nous présentons ici les actes, lui soit
consacrée et que des spécialistes se réunissent pour la considérer
et l'interroger.