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Eugène Ysaye : le sacre du violon

Maxime Benoît-Jeannin
  • 30/06/2001
  • le Cri
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Couverture de Eugène Ysaye : le sacre du violon par Maxime Benoît-Jeannin

Résumé

M. Ysaye va jouer du violon en prenant M. Colonne sur ses épaules, ou bien M. Pugno terminera son morceau en saisissant le piano entre ses dents... Claude Debussy (Monsieur Croche).

Grand interprète de Bach et de Beethoven, Eugène Ysaye (1858-1931) créa les œuvres les plus représentatives de son temps, imposant au public Franck, Lekeu, d'Indy, Chausson, Fauré, Dukas, Debussy, Elgar et les Russes du groupe des Cinq.

Il fut aussi une véritable star, lancée dans de gigantesques tournées en Europe - Russie comprise - et en Amérique du Nord où, au cours des six premiers mois de 1905, il ne donna pas moins de cent vingt concerts aux Etats-Unis et au Canada.

Lui qui avait débuté dans les brasseries joua devant les derniers monarques de l'Europe et porta, comme jadis Liszt, le titre nostalgique de maître de chapelle de la cour. Mais à soixante ans, il commença une nouvelle carrière à la tête de l'Orchestre symphonique de Cincinnati. Décidément inclassable, il composa à soixante-cinq ans ses Six sonates pour violon seul, qui fascinent toujours par leurs fulgurances et leurs prouesses techniques. Ses partenaires furent le gotha de la musique internationale : Raoul Pugno, Isaac Albeniz, Rachmaninov, Busoni, d'Albert, les deux Rubinstein - pour ne citer que les plus connus - et sur le tard Cortot, Yves Nat et Clara Haskil. Heifetz et Milstein eurent encore la chance de jouer avec lui. Casals l'accompagna à Vienne dans un concert mémorable... Thibaud aimait à recevoir ses conseils. Par les dizaines d'élèves qu'il forma, sa postérité artistique est encore aujourd'hui fort nombreuse.

Ni la maladie ni le déclin de ses moyens artistiques n'assombrirent vraiment ses dernières années qui demeurèrent très créatives, grâce à sa seconde femme, l'Américaine Jeannette Dincin, et à la reine Elisabeth de Belgique avec laquelle il jeta les bases du concours de violon qui devait porter brièvement son nom avant de devenir le Concours international reine Elisabeth.

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