Colette et la Belgique : une longue histoire de proximité et d'amour.
L'écrivain y fut fêté et honoré, bien sûr, jusqu'à entrenir une amitié faite
de connivences avec la reine Élisabeth, et être élue à l'Académie royale
de langue et de littérature françaises de Belgique, où elle succéda à Anna
de Noailles, et où Jean Cocteau, qui lui était si proche, la remplaça à son
tour.
Ce livre nous révèle les antécédents de ces marques de prestige. Et ce
que l'on découvre est étonnant. Son grand-père maternel, Henri Landoy,
avait combattu à Waterloo. Sa mère, l'illustre Sido, vécut de longues
années à Bruxelles et entretint sa fille des charmes de cette ville où elle
avait grandi dans une «chocolaterie», située Longue rue Neuve. Ces
souvenirs se trouveront un jour magnifiés dans La Maison de Claudine.
Eugène, frère de Sido et oncle de Colette, exerça l'essentiel de son activité
de chroniqueur, éditeur, critique d'art à Bruxelles, où il signait sous le
nom de Bertram. Son autre oncle, Paul, fut directeur du casino
d'Ostende ! Lorsque Colette, en tant que comédienne et danseuse, vint
se produire sur les scènes belges, à Bruxelles, à Liège, à Gand,
notamment dans Pan, la pièce de Van Lerberghe, la Belgique lui était
familière, puisqu'elle y avait étendu les frontières de sa patrie de coeur,
la Bourgogne...
C'est tout cela, et bien davantage, que l'auteur nous conte dans cet
ouvrage où l'acharnement de l'enquêteuse va de pair avec l'intuition
de l'admiratrice complice.