Du 17 avril au 19 octobre 1958 se tient à Bruxelles la dernière exposition universelle et internationale
organisée par la Belgique. Environ 18 millions de visiteurs se pressent dans les allées
et dans les nombreux pavillons de cette ville éphémère qui semble réaliser le vieux rêve utopique
de la cité idéale où le progrès et la fraternité entre les peuples sont appelés à dispenser paix et
prospérité à l'humanité.
L'objectif de ce livre, dont le propos est centré sur les multiples acteurs et participants de
l'Expo, est de nous replonger dans le contexte de cette spectaculaire manifestation pour ouvrir une
fenêtre sur l'histoire de la Belgique de la fin des années 50. Il tente de décrypter comment, événement
à la fois politique, économique, social et culturel, cette colossale entreprise est le témoin de
son époque. Miroir d'une société en transition, l'Expo reflète tout autant la modernité économique,
technologique et urbanistique annonciatrice de la prospérité des Golden Sixties que la permanence
de schémas sociaux traditionnels : rapports entre les sexes, entre colonisateurs et colonisés et
entre les générations. Plus subtilement ou bien avec éclats, elle
laisse également deviner que l'esprit des années 60 est déjà
bien présent. Il est en effet possible d'apercevoir en filigrane les
prémisses d'une évolution des mentalités qui viendra, quelques
années plus tard, pulvériser les certitudes et les conventions
encore bien vivantes dans cette Belgique de 1958 occupée à fêter
la fin des privations de la guerre.