Des écrivains qui ont subi la Shoah, enfants, ont gardé longtemps le silence. Le présent livre montre comment ces révoltés silencieux bousculent souvent les codes de la littérature dans leurs autobiographies, comme Perec en France, Raymond Federman aux Etats-Unis, Appelfeld en Israël. Traqués, cachés aux quatre coins de l’Europe, les jeunes, qu’on a toujours cru chanceux d’avoir échappé à l’horreur de la déportation, révèlent, en faisant œuvre de mémoire et dans les langues les plus diverses, une souffrance spécifique, farouche. On verra mieux comment, malgré la pudeur derrière laquelle ils continuent à se cacher, les auteurs arrivent, par leur art du récit, à faire passer le vécu indicible de la période où l’on a voulu leur mort. Des chercheurs qualifiés de France, d’Allemagne, des Etats-Unis, de Belgique, offrant ici sur eux des études passionnantes, prospectent en pionniers un champ littéraire nouveau dans l’espace de l’autofiction.