Pendant deux siècles et demi, l'Eglise antique vit dans une
quasi-clandestinité et est dirigée par des chefs qui observent
les enseignements du Christ. A cause de leur foi, les chrétiens
subissent de violentes persécutions. Mais le sang des martyrs
constitue un fertilisant prodigieux et le nombre de fidèles ne
cesse de croître.
Au début du IVe siècle, l'empereur Constantin le Grand
réalise que la non-intégration des communautés chrétiennes
dans la société romaine finira par compromettre gravement
l'unité de l'Empire. Par pur calcul politique, il propose à la
hiérarchie catholique la liberté de culte, et la jouissance de
tous les privilèges dont bénéficie le clergé païen. En
contrepartie, l'empereur s'arroge un droit de regard sur les
affaires ecclésiastiques.
En acceptant le marché, l'Eglise tombe dans le piège : le
christianisme devient la religion officielle de l'Etat, mais la
chrétienté se donne en même temps un nouveau maître.
Au fil des siècles, la papauté perdra en prestige ce qu'elle
gagnera en puissance. L'occupant du trône pontifical va
s'acoquiner avec tous les gouvernants du monde de l'époque
et devenir peu à peu un véritable souverain temporel qui ne
se soucie plus guère de sa mission spirituelle.
Cet état de choses portera en lui un virulent ferment de
discorde et ne tardera pas à susciter les convoitises de
l'aristocratie romaine pour aboutir aux événements
scandaleux qui se sont produits à la cour papale aux Xe et
XIe siècles.