Connaître la société, la comprendre, c'est déjà agir. Aucun projet durable ne s'invente hors sol. Ni contre les individus. Aucun monde ne peut faire table rase du passé, car les racines culturelles, l'histoire partagée, l'anthropologie, construisent un monde commun et irriguent nos pensées, nos attitudes, nos modes de vie. Nos sociétés sont toujours plus complexes et plus hétérogènes. Raison de plus pour ne pas décider unilatéralement en se fondant sur des représentations, des mécanismes ou des idées, éculées.
Car la démarche Design Thinking s'adapte aux réalités : par la prise en considération des besoins et usages des acteurs concernés ; par la prise en compte de l'environnement et des possibles économiques et légaux.
De fait, il s'agit d'une forme de sociologie des usages s'appuyant sur des objets concrets et évoluant par idéations successives. L'approche récuse l'idée de s'instituer porte-parole / de parler à la place de.
Elle cherche plutôt les conditions de l'expression des acteurs, avec leurs limites, leurs manques et leurs contradictions. Par conséquent, comme en tout, elle produit ses débats de frontières, ses petits enjeux de pouvoirs et de représentation, ses excommunications et ses constitutions de bordures... Toutefois, le Design Thinking s'applique concrètement à développer des solutions, des services et des outils, répondant aux besoins du consommateur, de l'utilisateur, du citoyen.
Bref, si l'être humain reste l'être humain, le lecteur découvrira à travers ces pages que le Design Thinking consiste aussi à penser l'être comme unique et universel ; une façon de rappeler combien nos identités et nos rôles sont divers et évolutifs ; combien ils ne peuvent se réduire à une origine sociale, culturelle, religieuse ou géographique.