L'esclavage domestique est un sujet tabou. Pourtant, à Paris, Inge Ghijs parvient
à interviewer une jeune Togolaise qui a dû travailler comme une véritable esclave,
qui a été enfermée et battue lorsqu'elle était domestique interne. «Jamais
auparavant une rencontre, un récit n'avaient hanté mon esprit aussi longtemps
et avec une telle force», déclare la célèbre journaliste du Standaard. Elle décide
alors d'enquêter pour voir si l'esclavage domestique existe aussi en Belgique.
Son enquête progresse péniblement mais, finalement, elle découvre avec
étonnement et indignation des dizaines de personnes du tiers-monde,
principalement des femmes, contraintes de vivre et de travailler chez nous dans
des conditions inhumaines. Dans la misère la plus totale, elles se tuent à la tâche
pour des gens généralement aisés. Sous-alimentées, sous-payées, humiliées et
parfois même violées par leurs employeurs, elles vivent sans documents officiels,
sans le moindre espoir d'un avenir meilleur. La police, les services d'inspection
et les assistants sociaux ne connaissent guère cette navrante problématique.
En outre, ils sont quasiment impuissants car ces pratiques frauduleuses ont lieu
dans l'intimité de domiciles privés.
Esclaves domestiques est un réquisitoire cinglant contre l'esclavage moderne.