Dix sept ans à peine après l'explosion de l'empire soviétique,
la Russie supporte à nouveau de vastes ambitions internationales.
Pour satisfaire sa volonté de puissance, elle dispose d'un atout de
poids : l'énergie. Zone de production mais aussi zone de transit
reliant l'Asie, l'Asie centrale, le Caucase et l'Europe, elle fait figure de
partenaire incontournable et entend coûte que coûte faire fructifier une
telle position stratégique. Complètement inféodée au pouvoir russe,
Gazprom, la plus grande compagnie de gaz naturel au monde, est donc
l'arme fatale d'un Kremlin bien décidé à faire du gaz sa principale
ressource politique et diplomatique. Or, un tel impérialisme énergétique
inquiète : la récente crise ukrainienne a donné à voir les défis posés
par la politique gazière de Vladimir Poutine. Désormais toute l'Europe,
qu'elle le veuille ou non, se trouve concernée au plus haut point par
les ambitions du nouveau Tsar de Russie. Quant aux États-Unis, point
n'est besoin de préciser les inquiétudes suscitées par la reconstitution
d'un empire énergétique qui leur rappelle les heures les plus chaudes
de la guerre froide...
Cet ouvrage est l'oeuvre collective d'étudiants en première
et deuxième années du master Carrières internationales de Sciences
Po Paris. Il a été réalisé dans le cadre du séminaire «Organisations
internationales» donné par Mme Anne Marie Lizin, présidente du Sénat
belge et rapporteuse de la Commission des Droits de l'Homme de
l'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe. À l'origine
du projet, un exercice de simulation de sommet de l'OSCE autour de la
politique de Gazprom et de la Russie a été proposé par l'enseignant et
a remporté l'adhésion de l'ensemble des étudiants.