Créer une revue de théâtre il y a un peu plus de trente-cinq ans à Bruxelles apparaissait comme
une nécessité. À l'heure du passage de témoin à une nouvelle équipe de direction, il nous a semblé
juste d'évoquer deux axes fondateurs des arts de la scène : l'amitié et l'argent, nerfs du théâtre ?
Cet art ne s'accomplit pas dans la solitude d'un bureau : on fait du théâtre sur fond de confiance partagée.
Elle est revisitée ici à partir des grands modèles de l'histoire, Stanislavski et Dantchenko, Strehler et Grassi,
Brook et Grotowski, de même que des expériences récentes, effervescentes, assises du théâtre d'aujourd'hui.
Les amitiés de jadis et les amitiés de la scène moderne dialoguent.
Depuis une quinzaine d'années, les moyens économiques du théâtre se raréfient dramatiquement.
L'écart se creuse entre des structures inégalement dotées. Certaines restent une plateforme pour la création
tandis que d'autres souffrent d'un embourgeoisement ramollissant ou meurent de la peste financière... La crise
modifie l'économie du spectacle tout en nourrissant de nouvelles dramaturgies de l'argent. Ce numéro se
propose d'analyser aussi les rapports tendus, complexes et nécessaires que le théâtre entretient avec l'argent.
Amitié-argent - un écartèlement de notre temps.