Pourquoi ce Y à Ymagier ?
Parce que Georges Delaw -
comme il aima à transformer
Deleau, son patronyme officiel,
en Delaw - adopta parfois cette
graphie originale, à la mode en
son temps.
Remy de Gourmont (1858-1915)
opta, lui aussi, pour le
Y... Il intitula sa revue consacrée
à l'art populaire, aux
images d'Épinal, aux images
d'almanach : L'Ymagier. «Raison d'esthétique,
ce Y, disait-il. Lys décore mieux que Iis.»
Et pourquoi encore Georges Delaw se déclarait-il
Ymagier ou Imagier de la Reine ? Qui était donc
cette Reine ?
Là, on s'est perdu en conjectures.
D'aucuns ont cru que c'était la Fantaisie... La
Reine de la Fantaisie ! Cette Fantaisie évoquée et
invoquée aussi par Rimbaud dans sa Bohême.
D'autres ont pensé à une
femme lointaine, inaccessible.
Sublime de beauté. Une Dame
comme au temps des chevaliers...
Peut-être ! Mais elle était
surtout, cette Reine, la rivière du
pays de son enfance : la Semois
(ou Semoy).
Georges Delaw le révèle dans
L'Ardenne qui s'en va, dès
l'abord. Son récit commence
sur les hauts-plateaux de
Bièvre : «Le pays est traversé
par la ligne faîtière de partage Semois-Lesse.
Ces deux Reines de la région déroulent au sud
et au nord leurs sombres beautés.»
Ainsi - on le voit en découvrant sa vie, son
oeuvre - la Semois aura été, pour Georges
Delaw, comme un fil d'Ariane. Elle l'a toujours
gardé relié, rattaché à son enfance, à son pays.
À l'une et l'autre intimement mêlés.