Les premiers ancêtres de Napoléon Ier ? Des Italiens. Émigrés de
Florence, suite aux guerres entre Guelfes et Gibelins, les Bonaparte ou
Buonaparte (littéralement, «ceux qui sont du bon parti, du bon
côté») s'installent à Sarzane, à l'extrême nord de la Toscane. Nous
sommes à la fin du XIIe siècle.
À Sarzane, fortifiée par Laurent le Magnifique, les Bonaparte vont
vite occuper d'importantes charges, au point de se lier familialement
avec le pape Nicolas V, le fondateur de la Bibliothèque Vaticane, lui
aussi originaire de la ville. Joseph Bonaparte, l'aîné - ou le «généalogiste»
comme l'appellera son frère Napoléon -, mènera plus tard l'enquête,
trouvera des preuves : ce n'est qu'à la fin du XIVe siècle que les
ancêtres de l'Empereur se sont implantés en Corse.
Sarzanais de souche, Federico Galantini ne se borne pas ici à raconter
cette aventure généalogique, presque inconnue du public. Preuves
à l'appui (elles sont toutes réunies dans l'ouvrage), il nous explique les
dessous du Concordat de 1801, dont le premier artisan est encore un
Sarzanais, le cardinal Spina. Sarzane, où se dresse encore aujourd'hui
la maison-tour des Bonaparte, est aussi le théâtre de la mort romantique
de Charlotte, nièce de Napoléon, confidente de Leopardi mais
impossible amour du peintre Léopold Robert qui s'égorgea pour elle,
à Venise...
Napoléon et Sarzane met pour la première fois en lumière la «sarzanité»
de ces Bonaparte qui ont changé l'Europe. La préface de l'italianiste
Bertrand Levergeois en souligne toute l'importance.