En 1994, au Rwanda, près d'un million d'hommes, de femmes et d'enfants ont été massacrés en cent jours à peine. Ce génocide montre avec quelle rapidité le racisme - ici, sous forme de haine ethnique - peut provoquer une effusion de sang et semer le désespoir, en particulier lorsqu'il est attisé par ceux qui convoitent ou exercent le pouvoir. Un racisme endémique sévit un peu partout dans le monde, sous un aspect ou un autre. Le pouvoir judiciaire, dont le devoir est de faire respecter les valeurs de justice et d'égalité, devrait jouer un rôle de premier plan en matière de lutte contre le racisme. Pourtant il se montre rarement à la hauteur de sa tâche et se limite le plus souvent à refléter les préjugés de la société dont il sert les intérêts. Ce rapport montre comment la discrimination raciale qui entache le système judiciaire prive systématiquement certaines personnes de leurs droits fondamentaux pour de simples raisons de couleur, de race, d'appartenance ethnique, sociale ou nationale. Dans de nombreuses régions du monde, ces personnes se trouvent ainsi particulièrement exposées à des châtiments iniques et cruels telle la peine de mort. Cet ouvrage met aussi en évidence les actes de torture, les autres formes de mauvais traitements et le harcèlement dont sont fréquemment victimes les membres de minorités ethniques aux mains de la police. Pour finir, Amnesty International adresse des recommandations aux gouvernements afin qu'ils prennent de toute urgence des mesures destinées à éliminer le racisme, notamment dans le domaine judiciaire.