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Seul, toujours seul

Denis Courtillier
  • 01/05/2013
  • La Compagnie Littéraire
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Couverture de Seul, toujours seul par Denis Courtillier

Résumé

Présentation de l'éditeur « Dans la boue de Lorraine, il pleuvait jour et nuit. Seul, dans la nuit, il fallait que je sorte ma moto du bourbier. Je ne peux pas décrire dans quel état je me trouvais. Un moment, je me suis aperçu que mes yeux étaient mouillés de larmes, la rage me reprenait et je me disais : ne te plains pas, tu l’as cherché. » Voilà Denis Courtillier. Seul, toujours seul, ce n’est pas un simple récit de souvenirs de guerre, c’est une véritable aventure, celle d’un homme dont la force de caractère et la pugnacité ont tracé pour lui un chemin de vie hors du commun. Un homme au caractère bien trempé et avec un grand cœur. Sans jamais se départir de son sens de l’humour et de la répartie, Denis Courtillier affronte moult péripéties : « je me souviens qu’un jour, le capitaine me conseilla : mets tes papiers à la portée de ta main, il ne faut absolument pas qu’ils tombent entre les mains des Allemands, ce sont des ordres d’attaques ; si tu es pris, mange les papiers ». Je lui répondis : ne vous en faites pas, j’ai toujours faim ! » Positif, débrouillard, courageux et honnête, l’auteur écrit comme il a vécu : avec une grande franchise et une volonté de partager que le lecteur ressentira pleinement et appréciera sans aucun doute. Le titre choisi par l’auteur pour cet ouvrage : Seul, toujours seul résonne en nous à la manière d’une phrase d’Antoine de Saint-Éxupéry : « chacun est responsable de tous. Chacun est seul responsable. Chacun est seul responsable de tous ». Enfin, rien ne décrit mieux ce livre et son auteur qu’une phrase écrite, il y a bien longtemps à l’école par son petit-fils : « mon grand-père, lui, il croit que ce qu’il voit. Ce n’est pas un baratineur ! Alors comme dirait papy : prenez-en de la graine ! » Extrait 1943-1945 Si aujourd'hui je raconte ce qui m'est arrivé, il y a maintenant une soixantaine d'années, pendant et avant mon évasion en 1943 de France par l'Espagne, en pleine occupation de notre pays par les Allemands, c'est surtout pour mes enfants, petits-enfants et ainsi de suite pour qu'ils sachent tous qu'avec du courage, de la persévérance et la foi dans ce que l'on entreprend, on arrive presque toujours au but, même s'il fallait tomber en chemin, le principal était d'avoir essayé. Je venais d'avoir 19 ans. Je suis né à Allery, dans une famille des plus modestes où nous étions sept à table car, en ce temps-là, les grands-parents restaient à la maison jusqu'à leur dernier souffle. N'ayant pas connu mon père, j'ai été élevé par ma mère et mes grands-parents. Ma mère travaillait dans une usine de tissage, du matin au soir, pour nous faire tous manger et jamais je ne l'ai vue manquer une journée, ni se plaindre. Dans ce village de 900 habitants, il y avait six petites usines qui faisaient vivre tout le monde ; aujourd'hui, elles ont toutes disparu. Les gens sont au chômage ou partis ailleurs. Dès l'âge de dix ans, après l'école le jeudi et le dimanche jusqu'à 13 heures, j'allais à la ferme d'à côté, pour gagner «mes nourritures» disaient mes parents et quelques centimes. La vie était très dure, à la maison, nous n'avions pas l'eau courante. Un voisin qui habitait à 100 mètres nous permettait de tirer deux seaux d'eau à son puits tous les jours ; celui-ci avait trente mètres de profondeur et il fallait jouer de la manivelle. Pour le reste, nous avions l'eau des gouttières que l'on stockait dans des tonneaux et un bac en ciment. Dans la pièce principale, une lampe à pétrole et une lampe Pigeon pour aller se coucher. Ce n'est que vers les années 1935 que vint l'électricité et encore ! Avec une ampoule de 25 bougies (comme disaient les vieux) seulement au milieu de la pièce et rien dans les chambres, pour économiser. A cette époque pour vivre II ne fallait jamais s'arrêter de travailler : après avoir fini à la ferme, il fallait aller chercher de l'herbe à lapin, des pommes de terre après le ramassage, glaner du blé et de l'avoine l'été, des feuilles mortes pour le fumier, du bois mort

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