Ici, pour la première fois, un Rockefeller parle des Rockefeller.
Un nom mythique. Un nom qui est synonyme d'immense
fortune, et qui représente mieux que personne un peuple qui
n'a pas peur de ce mot, qui en connaît le prix.
David Rockefeller aurait pu se contenter d'être un héritier.
Son grand-père, en fondant en 1870 la Standard Oil,
avait créé en quelques années un empire pétrolier, et fait de
sa famille une des plus riches des États-Unis. Sa mère, une
mécène fameuse de l'art moderne, était elle-même la fille du
chef de la majorité républicaine au Sénat. Mais ce que son
éducation lui avait donné, c'était le goût d'entreprendre.
Président de la Chase Manhattan Bank, David Rockefeller
décida d'élargir l'activité de la banque au-delà des États-Unis
et chercha à nouer des relations de confiance avec tous les
pays du monde. Ses voyages incessants, les négociations qu'il
a conduites avec les grands dirigeants de tous les États, aussi
bien avec Chou En-lai qu'avec Gorbatchev, avec Hussein de
Jordanie qu'avec Anouar el-Sadate, tout cela a fait de lui une
sorte d'ambassadeur extraordinaire des présidents américains
depuis Eisenhower.
Comme l'avait fait son père, il a multiplié les initiatives en
vue de favoriser le dialogue entre les peuples, d'aider la
recherche médicale, de contribuer à la sauvegarde des oeuvres
d'art.
Parmi tous les pays auxquels les Rockefeller ont généreusement
accordé leur soutien, la France occupe une place privilégiée,
comme en témoignent la restauration de la cathédrale
de Reims, au lendemain de la Première Guerre mondiale,
puis celle du château de Fontainebleau, enfin celle du château
de Versailles, qu'ils ont en grande partie contribué à sauver.