Après Boadour, son ancêtre, voici Adzire, l'esclave d'un
petit blanc pauvre, bientôt amoureuse d'un esclave «marron».
Adzire travaille, aime, lutte jusqu'au désespoir, animée d'un
instinct de survie. «Je ne suis que le gardien d'une mémoire et
je m'accroche à mon arc musical» lui dit Sangolo, son amant.
Hélas, ce joueur de bobre est traqué, pire : il y a beaucoup à
gagner si on l'attrape.
S'étant décidé à devenir l'historien de sa double culture,
réunionnaise et indienne, Firmin Lacpatia s'est tout de suite
méfié des errements, superbes ou non, de la mémoire affective.
Firmin Lacpatia est inspiré par une imagination imprégnée de
réalisme. Il a croisé son héroïne au détour d'un "sentier d'archives"
(le document est publié à la fin de l'ouvrage.) De cette rencontre, de
ses recherches, de sa parfaite connaissance du milieu, il a tiré
Adzire le récit haletant et vibrant d'une femme partagée entre le
monde des bas où règne la légalité odieuse de l'esclavage, et
le monde des hauts, cette presque république marronne.
Pour qui mesure le chemin parcouru dans l'évocation de
ces temps à la veille de l'Abolition de l'Esclavage ; voici le récit
du destin émouvant d'une «femme courage».