Durant les trois premiers siècles de notre ère, les empereurs romains dirigèrent
un immense empire territorial dont la pleine maîtrise constituait
un enjeu essentiel. Si Rome demeura longtemps la Ville d'où le destin du
monde était décidé, la mobilité des princes dans les provinces de l'imperium
Romanum devint dès Auguste l'un des aspects essentiels du "métier
d'empereur" (Fergus Millar). Les grands voyageurs, aux personnalités
pourtant très différentes, qu'étaient Hadrien. Marc Aurèle. Septime Sévère.
Caracalla ou Élagabal, comprirent parfaitement que voyager était
une autre manière de gouverner.
Cet ouvrage rassemble les contributions d'historiens français et étrangers
réunis à l'occasion de trois journées d'études organisées à l'Institut
National d'Histoire de l'Art (INHA), à Paris, en juin 2010, février 2011 et
septembre 2011. À la suite des travaux de H. Halfmann, il examine les
voyages des empereurs romains des dynasties antonine et sévérienne dans
l'Orient romain hellénophone, entre les premières décennies du IIe siècle
et les années 230 après J.-C. À travers l'étude d'une riche documentation
littéraire, épigraphique et numismatique, ces travaux relevant de plusieurs
disciplines du champ historique (histoire politique, histoire sociale,
histoire des pratiques culturelles) révèlent la complexité de l'organisation
des voyages impériaux dans les provinces de l'Empire, depuis le départ
de Rome jusqu'aux expéditions militaires aux frontières, en passant par
les entrées ritualisées de l'empereur, de sa cour et parfois de son armée,
dans des cités ornées et parées pour l'occasion.
Sont ainsi étudiés la mise en scène du pouvoir impérial, l'entourage des
empereurs en voyage, composé notamment de sophistes, la mise à contribution
des provinciaux, principalement des notables, dans des déplacements
princiers dont apparaît nettement le caractère coûteux et perturbateur,
enfin les avantages variés que pouvaient attendre d'un empereur
évergète les cités grecques de l'Empire.