Dans cette cour, tout le monde rêve d'amour.
Amour mort mais toujours présent, tendre ou rageur, chez les deux vieilles. Amour «contrave» chez Ginette, la policière. Amour-Evangile chez Mme Blomet, la poétesse. Amour-chapitres chez Lola, la romancière, Amour-sonates chez M. Mahler, le compositeur.
Et toujours les mêmes doutes, les fausses certitudes, les valses-hésitation. «Va-t-il, va-t-elle revenir ? Qui va quitter qui ? Est-ce moi qui vous quitte ou vous qui me chassez ?»
Né sur les quais, vrai titi parisien, Fifi le canari, transbahuté d'étage en étage, nous fait part de ses réflexions. S'il s'empêtre dans les "niveaux d'langue", il voit tout d'un œil lucide. Innocence ? Désespoir ? Cruauté ? Lui aussi a ses problèmes d'amour. Ceux des autres, il en a "ras l'béret". "Y zont beau faire les fortiches ceux qui nous fout' en cage, y sont comme nous, tous en taule, tous des paumés". Mais lui, pour sûr qu'il la regrettera sa cage puisque c'est là qu'il a fait la fête avec Lili, sa "p'tite belle". Un cœur tendre, Fifi. Qui l'eût cru ?