L'Insoumis
Témoignage ? Récit ? Roman ? Sans doute un peu tout cela à la fois. Mais, venant à relire ces lignes du grand historien grec Thucydide (La Guerre du Péloponnèse) :
« Tels sont donc les temps anciens. C'est une époque pour laquelle il est difficile d'ajouter foi à tous les témoignages qui peuvent s'offrir à nous. [...] Pourtant les risques d'erreur sont faibles, si l'on s'en tient aux indices mentionnés et l'on peut estimer que l'aperçu que j'ai donné sur ces siècles passés est dans l'ensemble véridique. [...] En ce qui concerne notre guerre, il est bien vrai que de tout temps quand les hommes se battent, ils s'imaginent être engagés dans la plus grande des guerres et que, une fois la paix revenue, ils préfèrent reporter leur admiration sur les guerres d'autrefois. Pourtant, le simple examen des faits nous fera voir qu'il s'agit bien ici d'un conflit plus important que tous ceux du passé. [...] Quant aux actions accomplies au cours de cette guerre, j'ai évité de prendre mes informations du premier venu et de me fier à mes impressions personnelles. [...] J'ai procédé chaque fois à des vérifications aussi scrupuleuses que possible. Ce ne fut pas un travail facile car il se trouvait dans chaque cas que les témoins d'un même événement en donnaient des relations discordantes, variant selon les sympathies qu'ils éprouvaient pour l'un ou l'autre camp, ou selon leur mémoire. »
... Je fis le rapprochement avec l'apostrophe de Stendhal : « Eh ! monsieur, un roman est un miroir qui se promène sur une grande route. Tantôt il reflète à vos yeux l'azur des cieux, tantôt la fange des bourbiers de la route ».
Alors je dirai, ce livre est un roman puisque, aussi bien, toute vie est un roman.