Présentation de l'éditeur
Le plus loin dont il me souvienne, c'est 1815, l'année où les étrangers vinrent à Paris, et où Napoléon, appelé par les messieurs du château de l'Herm " l'ogre de Corse ", fut envoyé à Sainte-Hélène, par-delà les mers. En ce temps-là, les miens étaient métayers à Combenègre, mauvais domaine du marquis de Nansac, sur la lisière de la Forêt Barade, dans le haut Périgord. C'était le soir de Noël : assis sur un petit banc dans le coin de l'âtre, j'attendais l'heure de partir pour aller à la messe de minuit dans la chapelle du château, et il me tardait fort qu'il fût temps. " Ainsi débute Jacquou le Croquant, un des romans les plus émouvants de notre littérature. Eugène Le Roy y décrit, au soir de sa vie, la résistance et la révolte pendant la Restauration d'un jeune paysan périgourdin face aux injustices et à la violence du marquis de Nansouk et de ses gens.
Biographie de l'auteur
Eugène Le Roy est né le 29 novembre 1836 à Hautefort, au cœur du Périgord. Ses parents étaient tous deux au service du baron de Damas. Après des études succintes à Périgueux, il devient commis à Paris en 1851 puis soldat en Algérie de 1854 à 1860. Rentré en Périgord, il est nommé percepteur en 1863 à Tocane-Saint-Apre puis à Montignac en 1873. Après le Moulin du Frau (1891), il publie Jacquou en 1899 dans La Revue de Paris sous le titre La Forêt Barade puis, sous son titre définitif, chez Calmann-Lévy en 1900. Eugène Le Roy est mort à Montignac le 6 mai 1907.