Maria Soudaïeva décrit un monde soumis au chaos et à la plus
extrême violence. D'où viennent les voix barbares dont elle
reproduit prières, slogans, appels, exhortations ? Les enjeux
et les objectifs indiqués ont peu à voir avec la culture humaine ;
les conflits évoqués par les combattantes mettent en péril
des civilisations inconnues ; les techniques de combat impliquent
des adversaires à la morphologie monstrueuse...
Une fois admise cette plongée dans l'indéfinissable, on est saisi
par le caractère familier des sentiments et des gestes que le livre
met en scène. Soudain plus rien n'est ni étrange ni étranger.
Car c'est bien à nous que s'adressent ces murmures et ces cris
qui parlent de peur et de solitude, de guerres et de souffrances
insupportables, de mort, mais aussi de beauté et d'espoir, allant
avec constance vers l'ultime slogan : «Les mauvais jours finiront !»