Risette, qui avait pourtant survolé le désert,
n'imaginait pas qu'il était vaste au point de donner
le vertige. La piste filait tout droit dans
d'immenses étendues grises, escaladait des collines
de cailloux rouges et pointus, ou bien serpentait
entre des dunes de sable doré. À l'infini.
Elle fut aussi impressionnée par le silence. Les
hommes, les bêtes marchaient sans parler. On
entendait juste de temps à autre un éternuement,
un soupir, le grincement d'une corde sur
un bât, ou le vent qui sifflait sur la crête des
dunes.
Heureusement que le soir, quand le soleil
était moins fort, la vie s'animait un peu. Les
hommes établissaient un campement, faisaient
un feu, mangeaient, se racontaient des histoires
d'hommes. Les dromadaires se reposaient aussi
et se divertissaient à leur façon. Après un petit
picotin, ils se couchaient serrés les uns contre les
autres pour se protéger du froid de la nuit et se
racontaient des histoires de dromadaires. Les
plus enragés bavards de la caravane étaient, vous
l'aurez deviné, Risette et son petit copain à une
bosse, qui avaient mille choses à se dire. Il ne
faut donc pas s'étonner si aujourd'hui, même les
dromadaires du Sahara savent pourquoi les
oiseaux chantent.