Si le père Chaumonot n'a pas la célébrité des martyrs canadiens, c'est qu'il a échappé à deux reprises au coup de hache mortel qui l'eût associé à ses compagnons : Brébeuf, Jogues, Lalemant, Garnier, Daniel et Chabanel. De son vivant, toutefois, on l'appelait déjà le plus fameux et le plus saint des missionnaires de la Nouvelle-France. Ce qui est stupéfiant chez lui, c'est la diversité des tâches accomplies. Il a été missionnaire durant 54 ans : un exploit jamais dépassé. Après le massacre des Hurons en 1649, il a été le pasteur des survivants dans tous leurs déplacements et ce jusqu'à sa mort, en 1693, à l'âge de 82 ans. Il a aussi fondé la première mission iroquoise. D'emblée le meilleur connaisseur de la langue huronne, il a composé un dictionnaire et une grammaire qui ont servi à tous les missionnaires. Avec madame d'Ailleboust, il est cofondateur de la confrérie de la Sainte-Famille qu'il a implantée en Nouvelle-France et qui s'est maintenue jusqu'à nos jours. Aumônier du régiment de Tracy et de Carignant-Salières, il a été médiateur de plusieurs conflits entre Français, Hurons et Iroquois. Il a fait des missions de Notre-Dame-de-Foy et de Notre-Dame-de-Lorette les foyers d'une ferveur comparable à celle de l'Eglise primitive.