" Je ne doute pas qu'un homme bon puisse produire un grand art. (On pense immédiatement à Bach.) Mais dans la plupart des cas, le grand art est le fait d'êtres profondément ambivalents, conscients d'une faille dans la nature humaine, constamment en butte à cette faille et dotés d'un pouvoir de faire le bien et le mal beaucoup plus puissant que le nôtre. " Figure controversée, compositeur de génie, Richard incarne cette ambivalence. Homme tordu et blessé, Wagner a une musique qui atteint au sublime, une œuvre profondément humaine qui remue le cœur et l'âme de ceux qui l'écoutent. Invité à se prononcer sur les rapports existant entre la morale et la musique, l'auteur aborde Wagner en se posant ces questions : Comment expliquer qu'un homme perçu comme moralement corrompu puisse produire un art qui soit bon, beau et authentique ? Pourquoi l'art de Wagner, un homme fort imparfait, nous semble-t-il important, voire indispensable ? Ce regard sur Wagner naît de l'intuition que ceux qui ont été gratifiés d'un don hors du commun sont également enclins à une grande vulnérabilité et à la souffrance. Dans ces pages, l'auteur retrace quelques-unes des influences, bonnes ou mauvaises, qu'a exercées Wagner dans un siècle d'art et de politique - sur Eliot et Proust aussi bien que sur Adolf Hitler - et examine en détail son Tannhäuser, œuvre dans laquelle le compositeur met pour la première fois en scène la lutte faustienne d'un artiste créateur que " deux âmes habitent ".