" Ecrire à Montréal, qu'est-ce à dire ? demande Gilles Marcotte. Ecrit-on différemment si l'on vit à Paris, à Tokyo ou à Grand Rapids ? " Qu'est-ce, en somme, que l'écriture montréalaise ? Autrement dit, qu'est-ce que Montréal ? Quel est le visage, quel est l'esprit de cette ville, telle que la donnent à voir non seulement les livres écrits sur elle, mais aussi, mais surtout les livres écrits en elle, dans son air, sous son influence, dans le milieu pluriel, désordonné, polyphonique de ses rues et de ses quartiers ? A ces questions (et à bien d'autres), les écrits rassemblés ici tentent, sinon d'apporter des réponses, du moins de faire écho et de donner suite, à travers la lecture et la méditation d'œuvres grandes ou obscures, écrites il y a un siècle et demi ou dix ans à peine, en français ou en anglais, mais qui ont toutes Montréal pour décor et pour objet, volontaire ou non. Des Mystères de Montréal au Matou, de Patrice Lacombe à Michel Tremblay, de Gabrielle Roy à Mordecai Richler, Montréal apparaît ici comme un lieu à la fois inachevé et incertain, dont le plus haut des cent clochers ressemble à une étonnante tour de Babel, image de l'écriture actuelle, d'où qu'elle vienne, et emblème de notre modernité.