- Mais jean, tu vis ici maintenant. Je t'ai suivi. Tu as tout retrouvé. Pourquoi es-tu encore si malheureux ? Le jeune homme, blême, hésitait entre la violence déjà échappée et les larmes qu'il sentait proches. Il se leva, fit quelques pas vers la fenêtre et scruta les lumières de l'autre côté de la rivière des Prairies. Sa voix sourde échappa à tout contrôle. -Tu as raison, Caroline, j'ai tout retrouvé : les maisons, les magasins, les paysages, les rues, la ville. Oui, j'ai tout retrouvé. Il marqua un temps. - Sauf l'essentiel. Il s'arrêta, épuisé prématurément. Caroline se leva et posa sa tête fine sur les épaules devenues lourdes, croisant ses bras sur le torse souple. Elle redoutait ce moment qu'elle attendait pourtant depuis leur arrivée. Mais elle était prête.