Présentation de l'éditeur
Il est notoire que les enseignants observent dans leur classe de plus en plus d'élèves atteints d'hyperactivité. Pourtant, l'hyperactivité n'a jamais été définie comme une inadaptation scolaire, mais bien comme un trouble mental. En conséquence, l'identification et le traitement des élèves hyperactifs, avec ou sans déficit de l'attention, ne peuvent se faire à l'école qu'à l'intérieur du seul paradigme médical, soit par médicalisation de la problématique. Puisqu'il est réputé fréquent chez les élèves, le trouble est alors considéré d'un point de vue macroscopique, soit celui de l'épidémiologie appliquée à un phénomène scolaire. La conception du trouble de l'hyperactivité est ensuite envisagée par sa mesure à l'aide de tests dimensionnels, puis par sa définition par un diagnostic catégoriel. Sont alors présentées les limites du traitement du trouble par psychotropes, dont le méthylphénidate. Après avoir considéré les prévalences et les principaux facteurs de risque associés à l'hyperactivité, sont finalement traitées spécifiquement et successivement les questions de la comorbidité et des sous-types du trouble. L'interprétation de l'ensemble des données et considérations de cette étude invite, sinon à abolir le diagnostic d'hyperactivité, du moins à ne le retenir que comme l'une des caractéristiques d'un autre diagnostic de trouble mental plus fondamental et mieux défini : dans la majorité des cas, l'hyperactivité ne serait qu'une des manifestations d'un autre trouble mental qui, parce que sous-jacent, serait principal et agirait en premier. Aussi, la plupart des élèves traités actuellement pour hyperactivité diagnostiquée selon les règles de l'art, le seraient parce qu'ils ont en réalité un autre trouble mental.
Biographie de l'auteur
Jean-Marie Honorez est professeur titulaire au département des sciences de l'éducation et professeur extérieur au département de psychologie de l'Université du Québec à Montréal. Il a d'abord exercé la psychologie clinique en milieu scolaire, pédopsychiatrique puis pédiatrique. Après avoir été le promoteur du département de psychologie de l'Université du Québec à Chicoutimi, il s'est depuis associé au Centre de recherche de l'Hôpital Rivière-des-Prairies de Montréal, afin d'y développer un des aspects de sa recherche sur la relation entre les troubles mentaux et les diverses formes de l'inadaptation scolaire.