A la fin des années 1950, Frank Scott, l'un des plus importants poètes canadiens-anglais, entreprend la traduction du célèbre poème d'Anne Hébert, " Le tombeau des rois ". Une première version est envoyée à l'auteure, marquant ainsi le début d'un échange extraordinaire. Après avoir exposé leurs impressions sur le travail de traduction, les deux se donnent pour tâche de pénétrer au plus profond du poème, là où se dévoile une poésie qui se communique d'une langue à l'autre. Traduire n'est plus trahir ; c'est, essentiellement, remonter aux sources mêmes de la poésie. Le Dialogue parvient ainsi à abattre les cloisons qui séparent les langues. Selon Northrop Frye, qui signe la préface de ce livre remarquable, " la poésie - présentée dans une lumière exceptionnellement favorable, comme c'est ici le cas - est précisément ce qui peut être traduit ".