Dans le contexte de l'actuelle crise écologique, comprise comme l'effondrement de l'image occidentale de l'humain " maître de la nature ", l'auteur explore un concept anthropologique plus porteur de vie et plus fidèle à la tradition judéo-chrétienne. En effet, à cause des questions radicales que soulève la problématique écologique, la théologie chrétienne est invitée à un examen critique de sa doctrine, en particulier sa conception dualiste et triomphaliste de l'humain. Le thème de l'intendant, une richesse négligée de la tradition judéo-chrétienne, apparaît comme une clé pour identifier et exposer la contribution particulière du discours chrétien : celle de repenser les représentations cosmologiques et anthropologiques, présupposé fondamental à une éthique écologique. Car l'intendance n'est pas une action qu'il faut poser : c'est une manière de " se poser ", une façon d'être dans le monde qui assume la structure écologique de l'être humain. L'étude du concept d'intendance dans l'œuvre de Douglas John Hall, un théologien anglo-canadien peu connu des milieux francophones, confirme sa pertinence comme axe central d'une théologie écologique. Cette étude fait aussi découvrir des possibilités d'enrichissement de la thématique grâce à l'apport des traditions juive, orthodoxe, et même amérindienne. Mais c'est finalement dans une interprétation christologique que le concept d'intendance trouve sa pleine mesure : un vivre-avec-les-créatures qui s'enracine dans la participation de l'humain à l'intendance du Christ, seule manière d'être avec la nature véritablement et chrétiennement " écologique ".