La vapeur est encore bien ancrée dans la mémoire de milliers de tractionnaires maintenant retraités. Malgré des conditions de travail tellement dures que personne ne les accepterait aujourd'hui, tous ceux qui ont oeuvré sur ces machines, qui tiraient leur force du mariage entre le feu et l'eau, y restent viscéralement attachés. Rien d'étonnant à ce que certains de ces vaporistes éprouvent l'envie d'exprimer leur attachement à ce métier qu'à l'évidence ils avaient dans la peau. Marcel Raynal est de ceux-là. Entré au chemin de fer comme apprenti, il a débuté sa carrière de roulant au moment où éclatait la Seconde Guerre mondiale. Par la suite, en gravissant les échelons, il a fini par réaliser le rêve de tous les mécanos : être affecté aux rapides, au dépôt du Mans, se mesurant entre autres aux Pacific, 141 et 241 P... Cette vie de vaporiste, il la relate dans ce livre : on revit avec Marcel Raynal la terrible période du rail français dans la guerre, on dévore littéralement son histoire qui fourmille d'anecdotes sur les bonnes et moins bonnes surprises que réservaient ces locomotives à vapeur au comportement parfois si irrationnel, sans parler des vertus du charbon qui alimentaient d'interminables conversations dans les dépôts... autant de choses aux antipodes des machines électriques actuelles. Aucun doute, dans ce récit passionnant et prenant se reconnaîtront tous ceux qui ont servi la machine à vapeur et, pourquoi pas, ceux qui ont toujours rêvé de vivre ce métier si exaltant.