L'automne du Moyen Âge est flamboyant : la richesse
des productions artistiques, le nombre des manuscrits
superbement illustrés, les rituels des cours et des villes,
le foisonnement des textes littéraires, dans une
synchronie embrassant les XIVe et XVe siècles jusqu'à
l'aube de la Renaissance, témoignent d'un dynamisme
remarquable. La passion des bibliophiles anime les
commandes de livres, et les témoignages de leurs lectures
révèlent des goûts et un souffle nouveaux. Face aux
héritages des siècles passés, qu'en est-il du Romanesque
à la fin du Moyen Âge ?
Ce volume rassemble les questions débattues, au cours
d'une rencontre pluridisciplinaire, par des spécialistes
du livre manuscrit et imprimé, par des historiens d'une
littérature dont les richesses restent à découvrir. Idéal
et émotions héroïques, imaginaire chevaleresque et
modèles de comportement, emprises et pas d'armes
puisent leurs schèmes dans l'écrit littéraire. Ainsi la vie
se dessine-t-elle comme un roman. Faire resurgir des figures
légendaires dans des contextes inattendus, allier
l'épique et le roman, investir de nouveaux rêves : les
normes culturelles engendrent leurs écarts, dans la
dynamique d'un miroir et de la mémoire. La tradition
remise en question démythifie l'héritage courtois, mais
la littérature du passé est fécondée par une esthétique
nouvelle et des remotivations surprenantes. L'image
désormais s'inscrit puissamment dans le texte, dont la
perception visuelle sollicite l'interprétation. Réécritures
et mouvances littéraires témoignent d'un goût pour
un style romanesque, qui remodèle l'espace social.