Cest pour la Société de Borda un juste et agréable devoir de reconnaissance que de préfacer la réédition si attendue de ce livre remarquable sur « Le Mariage et la Famille en Gascogne » de notre regretté collègue et ami M. le chanoine Césaire Daugé (1858-1945), qui fut Majoral du Félibrige, Président dhonneur de la Société de Borda et « Capdaü daunou » de lEscole Gastou Fébus.
Tout au long de sa vie il a tenu à unir dans son esprit et son coeur lamour du passé historique de sa petite patrie et celui de sa belle langue « mayrane », dont il fut un incomparable mainteneur. Aussi dans le premier tome de son ouvrage, devenu rapidement introuvable, avait-il tenu à mettre au dessous de son nom « Escole Gastou Fébus et Société de Borda » pour bien marquer combien il tenait à ce que lhistoire et la langue de sa province ne fassent quun tout inséparable.
Voilà pourquoi, dès 1913, il allait réserver à la Société de Borda la primeur de son travail dont le premier tome allait être publié en 1916, en pleine guerre mondiale, comme un appel, devant le risque dune destruction totale, à conserver nos plus précieuses coutumes familiales. La tourmente passée, et un accueil enthousiaste ayant été réservé à son travail, labbé Daugé allait publier en 1930 un second tome réservé à létude de lhomme gascon dans son environnement naturel, chasse, jeux, animaux, plantes, fruits, forêts et à travers les saisons, les mois et les éléments. Cette même année vit aussi sortir le tome III où lauteur décrit la nature et le comportement du gascon, ses qualités, ses défauts, ses vêtements, sa maison, sa religion, ses coutumes, sa mentalité et ses superstitions où le rôle du diable est prépondérant. Le tout imagé par une énorme moisson de proverbes quil avait recueillis partout afin dagrémenter son texte.
Travail énorme qui, ajouté à lensemble de luvre historique de labbé Daugé, a fait de lui lun de nos plus grands écrivains landais et gascons avec Isidore Salles, Mgr Gassiat, Jean Rameau (lArté dou Pourtaou) et Félix Arnaudin.
Luvre de labbé Daugé est la plus importante, disions-nous le 12 octobre 1947, lors de lapposition dun médaillon de bronze le représentant, uvre du sculpteur Cel le Gaucher, sur le mur de sa maison familiale dAire-sur-lAdour. Au Petit Séminaire il avait pris la résolution décrire au moins une page par jour.