Comment j'ai rencontré Fusées (extrait) Mathieu Brosseau Elle me dit : Les trains ne mènent nulle part, je n'y pense guère, au départ, je n'y crois pas, même si c'est moi qui lui avais glissé l'idée, je prends fusées comme une lettre à la poste, comme un départ en fait, même s'il ne faut pas croire en l'idée de départ, car nous ne savons que faire de notre propre naissance, nous ne savons que faire de ce poids d'os mort de l'existence, et puis il y a les autres comme autorité du possible, je veux dire : comme ce qui dérange notre propre devenir, les autres, ces fauteurs de troubles, acteurs mouvants, variants selon les formes instables de l'action, alors fusées pour mieux conférer à l'idée de départ l'intention du vide à retrouver, car au fond, la mort serait cette arrivée finale, cette force fatale, ce ciel éclatant où tous les astres tournent et tournent, cet orbite, celui du devenir clos, cette stabilité de l'être dans une action faible, c'est-à-dire dénués de toute velléité, alors fusées pour devenir mieux qu'un chien, hier j'ai revu maman et la putain, hier j'ai planché sur les affres du continent urbain, je serais plus heureux à la campagne, croyez-moi.