Un jour, j'étais petit.
Je regardais les lucioles qui émerveillaient mes pensées d'enfant. Tels les minuscules cailloux qui égrenaient les étoiles de mes rêves, elles venaient en kaléidoscope iriser le bout de mes doigts en quête de trésors de corsaires.
J'imaginais le bleu encore plus bleu, et les autres couleurs illuminer encore plus de "Noël" les mille perles qui roulaient dans mes mains.
J'étais dans mon jardin. Et pourtant, j'étais si loin... même pas sur une île où d'autres pirates au foulard de pourpre auraient arboré leur poitrine cuivrée de vainqueur et où d'autres enfants candides auraient pu me voler mon étang de couleurs, mais sur un monde où la pluie naîtrait en sève brûlante des rayons du soleil. (...)
... J'avais pour compagnon de jeux un petit garçon comme moi. Seulement, il n'y avait que moi qui pouvait le voir, l'entendre. Personne n'avait vraiment conscience de son existence.
... Il était magique dans notre confidence partagée. Il est réapparu quelque trente ans plus tard au détour d'un chemin de rocaille... tout près d'une fontaine qui n'espérait qu'une nouvelle naissance... et ce jour-là, il allait illuminer ma joie et l'espoir des hommes dans une longue symphonie d'étoiles. Il s'appelait Waddine.