L'intertilité est-elle source de problèmes emotifs et de tensions dans le couple ?
Pour l'héroïne du premier roman de Marie Melfi Nina DiFiore, qui a toutes les peines du monde à mener une grossesse à terme, il semble que oui. Les multiples fausses couches de Nina sont l'occasion pour Marie Melfi d'examiner le rapport intime entre la perception que les femmes ont d'elles-mêmes et la fertilité.
L'immigration, l'altérité, peuvent-elles être source de souffrance, lorsque s'y mêle l'obsession de la maternité ? Lorsque l'on traîne ses origines, comme d'autres traînent un boulet, peut-on partager avec son compagnon, qui vient d'une autre culture, son désir d'enfant ?
Pour Nina, artiste peintre, ce choix est vécu d'autant plus intensément qu'elle est d'ascendance italienne, d'une culture qui idolâtre le rôle de la mère. Nina se retrouve donc aux prises avec la difficulté qu'elle éprouve en tant que Canadienne d'origine méditerranéenne à concilier certains aspects de son passé, qui lui sont pourtant devenus plus ou moins étrangers, et la culture dominante canadienne, en porte-à-faux avec ses préoccupations profondes.
Ces difficultés s'incarneront dans les rapports qu'elle entretient avec son mari, Daniel, professeur d'université, peu sensible à l'idée d'avoir un enfant, Leurs désirs antagonistes risquent-ils de mettre leur couple en danger ?