Grâce à des archives peu ou pas exploitées par les historiens à ce jour, et surtout grâce à des archives familiales retrouvées chez les descendants de EB.Arlès-Dufour, Jacques Canton-Debat apporte dans sa thèse d'histoire (Université Lumière Lyon 2), des éléments méconnus et décisifs sur l'histoire du 19e siècle et sur l'histoire lyonnaise de cette époque. Le présent livre, tiré de cette thèse par Maurice Ferdinand, permet de bien cerner ce grand lyonnais. Par exemple, nous voyons se dessiner l'histoire du canal de Suez avant que Ferdinand de Lesseps en soit chargé, ou l'histoire de la banque à Lyon avant que Henri Germain ne soit nommé Président du Crédit Lyonnais. Nous sont exposés en détail les efforts de Arlès-Dufour en faveur de l'instruction, et comment il crée la Société d'Enseignement Professionnelle du Rhône (SEPR) et l'Ecole Centrale de Lyon. C'est également le commissionnaire en soieries, membre éminent de la Chambre de Commerce, qui voit les problèmes et les dysfonctionnements de la Fabrique et comprend les canuts, même dans leurs révoltes. C'est aussi l'homme qui, par ses qualités et sa vision des choses va défendre les thèses de libéralisation des échanges entre les pays auprès des dirigeants français et européens et qui devient ami des plus grands d'Europe. Nous voyons également le saint-simonien, grand partisan du développement industriel, qui œuvre pour que le chemin de fer vienne à Lyon, mais aussi pour la création de la Société de secours mutuel pour les ouvriers en soierie et pour la Caisse de retraites. Nous sommes aujourd'hui stupéfait de voir combien cet homme a participé à tous les grands évènements lyonnais et nationaux du 19ème siècle et y a apporté une influence décisive.